Bon-jour
December 30, 2007
Des deux côtés de la cour, Maffay s’est rangé aujourd’hui au soleil. En face, les deux frères ont bâti un mur en bois,
et chez nous, avec Carolyn, Gramma Sally, Rich le grand garçon et Gabriel, on a, en gros, passé le balai. Et des rateaux. Le tout, pour enlèver les restes de paille et oeufs de poule égarés depuis des années, et morceaux de mur et pierre, là où nous dormirons et baignerons et laverons nos dents dans quelques mois.
Là, en haut de la cuisine future, dont le plafond est étoilé de trous dans le plancher, et je suis contente de n’y pas être passée à travers. Du jardinage et re-brouettes. Et pour finir, plusieurs virées avec des brouettes chargées de foin et remblais divers, vers l’autre côté des vaches, pour être brûlé.
Mais à la fin de la journée, avec les voisins d’en face, malgré la différence d’envergure, notre satisfaction était identique, et le hasard faisait qu’on était sortis chacun de notre côté à exactement le même heure, avant le coucher du soleil, pour faire des photos de l’avancée de ces nouveaux maisonées autour de la grande cour.
Nous avons mangé un poulet rôti dans le vin et une vingtaine de feuilles du laurier frais, avec des pommes de terre, c’est une recette à essayer si jamais il y a des amateurs de ces choses-là qui nous lisent. 
Our cows, ourselves
December 30, 2007
The cows are actually Pierre-Yvès’s, but they are our closest neighbors and we hear the clanking of heavy bovine bodies against the metal of their cages in the night, music to accompany the stars. With Carolyn, we decided they look a little like Carol Channing, with that same fluffly blonde hair. They are rather shy, and do not moo, I’m not sure if this is a particularity of the Charolais breed, or perhaps that our cows are perhaps mute. We only hear the noise of impact, bumper cows caroming in their ring. They are staying in their farm for the winter, because the field is too muddy for them to navigate; sometimes I wonder if we should do the same. One of the cows is sick and has been in a little pen on the side for 8 days, because she hasn’t been eating, so we go over to check on her every day.
And Gabriel is learning how to drive a tractor.
Faisant foin
December 29, 2007
Les amis Missouliens Rich et Carolyn sont ici avec nous maintenant. Mais avant leur arrivée, Pierre-Yvès est venu avec le tracteur et une grande rémorque pour m’aider à enlèver la paille et le foin, c’est à dire, 
qu’il a fait le plus gros du boulot et j’ai passé mon temps à faire des petits manoeuvres de rangement dans la remorque de foin, qui est de loin bien plus drôle et sympathique que d’arpenter des poutres pourries avec une fourche et soulèver des gros charges de foin qui sont préhistoriques, c’est à dire qu’elles datent de l’époque du grand-père de Pierre-Yvès.
Le lendemain, aujourd’hui, est une très belle journée: Rich a eu une excellente nouvelle en lisant son mail, et ainsi motivés, nous sommes partis vers l’enlèvement du bois qui trainait en haut, l’ancien parquet, ou plafond, selon son perspective et sens d’hyperbole. 
Parce qu’en fait c’était très très ver-ri, tout ce bois historique, et Rich se la jouait équilibriste pendant deux heures ou peut-être trois, en faisant tomber toutes les anciennes poutres, en se maintenant sur des morceaux de bois consommés par des vers il y a bien longtemps de ca. Tout le monde a travaillé, même moi, 
et Pierre-Yvès est revenu avec une tronçonneuse pour couper les vieux madriers en petites bûches de 40cm, avec l’aide de Rich. Nous les brûlerons un jour prochain quand le poële à bois sera parmi nous.
Nous avons bu le champagne au soleil après pour fêter le très bon travail de Rich de l’autre côté de l’Atlantic auprès des Yankton Sioux, et aussi la très grande perte de poids en paille, du côté gauche de la cour de Maffay. 
Christmas
December 28, 2007
The world is falling apart in Pakistan.
Here are trivial details of Maffay: the cold snap ended, leaving in its place a wonderland of mud. Christmas eve was a foggy day of visits and small shopping excursions. We came home to find Sylvain putting up a few more rocks, and Gabriel helped him for a few hours while Sally tried to sleep off a cold. Then we had tourteau and araignée Louis with aioli.
Christmas dawned dark and damp, we opened presents at breakfast around the little table, 
and then G. took his new binoculars, and looking through the wrong end,
went to find the last present, a new bike offered by a consortium of grandparents.
Note the dark skies denoting a Very Early Morning (8:24 am) in the above photograph; the photographer had to go back to bed for a small nap after the celebratory first ride.
Then we went to Malin and Simon and Anton’s to wish merry christmas to Piff, do more laundry from the flooding incident of the previous days, and cook our capon and sit in front of the (after much effort and half a box of matches and pained grimaces and wails of despair to light) crackling fire. Then it really started raining and once Sally was no longer able to breathe because of Piff we decided to go home to see how the mud was at our house. It was much better. Strangely enough, the rain fixed the horrible clumping problem that came after the thaw, where one would take two blithe steps out to discover that the earth actually swallowed up one’s shoe and that no more steps with any degree of spring would be possible, or if the laces had been double-tied, and one’s calf muscles honed, discover one’s soles compensated by 4 centimeters of solid dirt that stuck tight like well-kneaded dough.
We have a new cookie recipe though now, and lots and lots of plants, and we’ll be taking the hay out of the barn today with the help of Pierre-Yvès, so if we don’t fall through the rotten boards to the dirt floor below, breaking the finger that releases the shutter, pictures will be forthcoming.
Pleine/Plaine
December 25, 2007
Depuis une semaine ou deux, lorsqu’on regarde vers l’est, il y a un nouveau trou dans la haie où Pierre-Yvès et M. Roullier Père ont taillé les hêtres et aubépines pour libérer la vue de la Plaine. Ce sera plus tard un accès pour le tracteur, mais cela nous a dévoilé le grand espace vide où ricochètent les fusils des chasseurs. Ils l’appellent ce champ la Plaine, même s’il est très vide. Pour le moment, dans les montées de décembre, il n’y a que quelques restes de maïs en souvenir d’un été rêvé. Et des cratères de glace, et des arbres qui remontent de la brume à ses bords pour le délimiter de la route de Sens.
C’était le soir du 23 décembre. Voilà ce qu’elle surveillait : le jour, en fâce ils avaient presque fini leur maison pendant que je faisais la sieste. Les suspentes pour le klein se voient à travers les chènes.
La lune était si désinvolte que le mur de chez nous devait porter l’ombre du noyer même de nuit.
De l’autre côté de la mer, mon père s’apprêtait avec Joyce pour aller escalader le Chimney Rock dans le Colorado du sud-ouest, pour voir la voir se tenir parfaitement dans la cruche faite par deux tours s’elevant vers le ciel et les étoiles, comme si elle était équilibriste, en plus que lucarne du ciel.
La Plaine chez nous est tout aussi radieuse ainsi illuminée. Et la lune tardait pour cèder sa place au petit matin de son terrain de jeu, ramassant ses souliers pour s’en aller au dessus de chez les daims de l’autre côté, la brume du matin qui le suivait, cachant sa déshabille.
Cistern
December 25, 2007
Sunrise through the windows of our new maison verte d’amis, winter is good for sunrise pictures, you don’t even have to get up early to get them.
We have a new rainwater recuperation cistern, and the irony is that it’s filled with 5000 liters of city water. You have to fill it up when it’s installed into the carefully pared-out hole, otherwise it will float up to the surface. Another important lesson in the buoyancy of dirt.
It was a cold day, and when the bulldozers dug into the ground the earth didn’t crumble, it broke along precise lines that traced the exteriors of giant plates, 15 centimeters thick, with friezes of frozen worms and the last stand of stray strands of ice-lit grass.
Then I went to Paris, and that night there was a water leak in the mobile home, one of those small life-preparedness tests for Gramma Sally, who dealt with it beautifully, even though it was 6 am, and everything is back to very good now. This is why.
Hors d’eau
December 19, 2007
Nous flirtons encore avec le gel, et la Bretagne se pare des dégrés du Montana.
Nous savions nos maçons hautement qualifiés pour les méthodes traditionnelles, mais suite à une gèle survenue dans les tuyauteries de notre roulotte et aussi à l’extérieur, Cédric et son assistant étaient même obligés d’aller chercher l’eau dans la rivière 
qui coule entre nous et chez les grands daims. Le ciment des fenêtres de l’entrée est donc fait avec l’eau de la rigole de Boulet, des vraies eaux de Maffay, recoltée main.
Aussi Gramma Sally est arrivée depuis le 17 pour prendre soin de nous et notre jardin. 
Nous avons aussi depuis lundi une nouvelle petite maison verte d’amis, tractée par le puissant engin d’en fâce
jusqu’à sous le noyer, et notre première invitée d’honneur y a fait son nid, qui a été subitement co-opté par le petit garçon, me laissant seule dans l’énorme et spacieuse casa blanca, où l’eau coule à flots à nouveau.
p.s. aussi, après le dégagement de la lierre de ce dimanche, Gabriel m’a fait remarquer qu’il y a une forme dans le mur qui ressemble à un garçon qui fait ‘comme ca’ avec la pouce. A vous de juger. 
Deepfreeze
December 16, 2007
We woke up this morning to the continuation of the cold snap, but colder: it was -3 celsius out, measured here at Maffay by the depth of ice in the rainbuckets. Friday Sandra found a 4-centimeter layer. This morning we had an ice skating rink, and the water line coming into our little house on wheels almost froze, for one long minute I stood in front of the sink willing to barter with the faucet for just a few small drops, and nothing came out, but finally, the stream of water came to back to flow.
This is the Bad Mother shot (of the day). The photographer in me thinks, ack, i really should have used fill flash. The second thought is of course, after his head hits the ice, god i really should have had him wear a helmet. He’s fine, he had a very cushy hat on.
This is what our skating rink looked like after G’s head hit it in the previous shot.
There is the potential for a photo series of Machin the cat, and his various methods of almost dying. Today was the second in the series, he fell through the ice into the deep water by the fence between us and the deer park. For a few seconds i was debating reluctantly with myself whether or not to set down the camera, wade into the cold water and get him out, but luckily, he managed to scramble back up to solid ice.
To be continued.
La plantation
December 16, 2007
Mamie, Jacqueline et Jean-Pierre sont venus nous rendre visite mercredi dernier, avec une livraison de plantes de Talensac. Myosotis, soucis, raisin, cassis-fleur, chène, un arbuste dont le nom j’ai malentendu, et une autre fleur dont le nom aussi m’échappe, que j’ai mis autour de la boîte aux lettres. Dans l’image ci-dessous, c’est celui avec les longues jambes et le feuillage un peu rastafarien.
Aussi au lieu d’un sapin de noël nous avons un nouveau eucalyptus, et Monsieur Roullier Père nous a ammené un boulot du forêt, que nous avons planté près des vaches, il est souvenir enraciné du Colorado (les aspens) et la Suède (surtout Björkösdans) et nous aimerions en mettre plus.
Monsieur Honoré est passé aussi planter des arbustes à l’entrée du manoir, et nous a filé du lilas blanc, ils sont plantés à l’entrée en attendant mai/juin.
Gramma Sally arrive demain pour jardiner et j’espère qu’elle ne sera pas découragée par nos tas de boue gélés.
More sunburst windows
December 15, 2007
Pour toi Nicky.
They’re not the most illuminating choice (the rounded form cuts off corners of sunlight) but we loooooooove the shape. The eye-shaped windows were used for stables, the adobe part of our house used to shelter the horses for the manor.
One is finished now on the southwest face of the barn, my future office/entryway, the hole for the other one has been opened as of Friday, and they’ll put the form and the bricks in for the second one next week. Another one will go on the eastern side, the garden/mobile-home side, next to the entry door.
We cannot say enough good things about our team of masons. Sylvain himself is calm, methodical, ‘posé’ like they say in french, and his two colleagues who are transforming our house are the same, slow sure movements, solid gestures, every movement seems to have a counter-weight and balance. They have exactly the type of personality to work with old crumbling stone walls, built sometime around 1713.
p.s. it’s much warmer here, Gaël brought over a little heater last night, and fixed a water leak too, so it’s much less like arctic Calcutta over here now, we woke up in Martinique.





































